Sanmitsu Yuga et la méditation Ajikan

Sanmitsu Yuga[5], l’Union des Trois Secrets, est la pratique qui permet de mettre en œuvre la doctrine du Mikkyō.

Le grand Sūtra Dainichi-kyō définit Satori comme le fait de connaître son propre esprit tel qu’il est vraiment (Nyojitsu Chijishin[1]). Mais qu’est-ce que ce « propre esprit » ? C’est Aji Honpushō[2], Honyū Jōjū[3]. Autrement dit, c’est la personnalité autonome reliée à la source de l’univers.

Ce propre esprit invisible à nos yeux, quelle est donc sa couleur ? Quelle forme a-t-il ? Quelle est sa taille ? Comment pouvons-nous le connaître ? La réponse se trouve sur le Honzon[4] de Ajikan.

Qu’est-ce que Aji, la lettre « A » ? Dans le Mikkyō de tradition Shingon, on vénère la lettre sanscrite « A » en tant que personnalité dotée d’une dimension universelle, en qualité de présence-existence qui possède toutes les vertus. « A » est la personnalité du grand univers, le Bouddha Cosmique Dainichi Nyorai. C’est une existence source vénérée communément par toutes les religions du monde. Dans le Mikkyō, cette existence source est soi-même.

Sanmitsu Yuga[5], l’Union des Trois Secrets, est la pratique qui permet de mettre en œuvre la doctrine du Mikkyō. On désigne la pratique de l’Union des Trois Secrets par « Méditation Shingon » ou encore « Méthode de méditation Shingon Mikkyō ». Cette pratique est hautement complexe. Elle ne peut être transmise qu’à des moines Shingon. La méditation Ajikan, une pratique qui condense de la manière la plus concise les enseignements de l’Union des Trois Secrets, est restée pendant très longtemps pratiquée par quelques maîtres seulement. Mais pendant la seconde moitié du XXe Siècle, Ajikan est sortie de son confinement monacal.

C’est une pratique extrêmement simple, mais en tant que représentation de Sanmai[6] elle contient l’essence des deux grands Sūtras, soit la compassion du Dainichi-kyō avec la fleur de lotus et la sagesse du Kongōchō-kyō à travers la lumière du disque lunaire. Dans le Mikkyō, la méditation Ajikan inclut les pratiques de Gachirinkan[7], Asokukan[8] et Kinhin[9].

[1] 如実知自心

[2] La lettre « A » à l’origine incréée, non née.

[3] 本有常住- Honyū signifie qu’à l’origine (Hon) notre vie existe () dans l’univers. Jōjū, c’est la continuité ( = toujours, continuellement) dans l’existence (= la demeure, la résidence). L’idée est que la vie et la mort se tiennent au sein d’une énergie vitale éternelle.

[4] Support de méditation constitué d’un rouleau peint sur lequel se trouvent les trois objets de Ajikan : disque lunaire, lotus et lettre sanscrite « A ».

[5] 三密瑜伽

[6] 三昧形 – État de profonde concentration dans la méditation, appelé aussi appelé « Absorption méditative ».

[7] Méditation sur le disque lunaire.

[8] Méditation sur la respiration « A ».

[9] Marche méditative

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