Taikō YAMASAKI : un grand maître du Mikkyō

Né le 8 août 1929, Taikō YAMASAKI est le supérieur du temple Jōkō-In situé dans la ville de Kōbe. En 1954, il obtient un diplôme de docteur au département d'études du Mikkyō de l'Université de Kōyasan. En 1955, il effectue la très rigoureuse ascèse Gumonjihō à Miyakejima

 

En 1966, il devient Professeur à l’Université de Shuchi In. En 1974, il reçoit le titre de Dentō Dai Ajari. En 1990, il se voit décerner le Prix Artistique en Etudes du Mikkyō. En 1999, il est consacré Dai Sōjō. En 2000, il prend sa retraite de l’Université de Shuchi In dont il est aujourd'hui Professeur Honoraire. 

 

Pour ses travaux académiques sur le Mikkyō, Taikō YAMASAKI a récemment reçu de Kōyasan le titre de Sekigaku, la plus haute distinction du Mikkyō.

Taikō YAMASAKI est également expert en Yoga et instructeur certifié dans cette discipline.

Taikō YAMASAKI s'est rendu en Inde, au Népal, en Thaïlande, au Cambodge, au Sri Lanka, en Chine, aux Etats-Unis, en Italie, etc. afin de remonter aux sources ldu Mikkyō et d'enseigner la méditation Ajikan aux non-Japonais, mais aussi pour les besoins de ses recherches et prendre part à des conférences. 

Taikō YAMASAKI possède une rare et exhaustive connaissance unique du grand Sūtra Dainichi-kyō qu’il a pendant trois ans exposé et commenté devant plus de 250 moines venus de tout le Japon.

 

Le succès de cette initiative lui a valu d'être sollicité de nouveau par Kōyasan pour exposer et commenter l'autre grand Sūtra du Mikkyō, le Kongōchō-kyō, ainsi que les Mandalas du Shingon à l'occasion d'un nouveau cycle de trois ans.

 

Pour Taikō YAMASAKI, science et religion portent en elles la capacité de fusionner leurs savoirs en une « méta-science » ou « méta-religion » qui transcende les frontières conventionnelles du scientifique et du religieux. 

 

Bibliographie : 

 

« Mikkyō - La méditation Ajikan », coffret disques vinyle, Philips Record, 1968 (japonais)

 

« Méthode de Méditation Ésotérique - Yoga Ésotérique : Ajikan », Éditions Nagata Bunshōdō, 1974 (japonais)

 

« Méditation Ésotérique et Psychologie des Profondeurs : Méditation Ajikan, Mandara, Thérapie Mentale », Éditions Sōgensha, 1981 (japonais)

 

« La pensée mystique du Mikkyō », collectif, Éditions Osaka Shoseki, 1987 (japonais)

 

« Shingon : Japanese Esoteric Buddhism », Éditions Shambhala, 1988 (anglais)

 

« Shingon : Der Esoterische Buddhismus in Japan », Éditions The Seus, 1990 (allemand)

 

« La méditation du Mikkyō », Vidéo-cassette VHS, Éditions Kōyasan, 2001

 

« Shingon Mikkyō : Introduction à la méditation Ajikan, Éditions Shunjūsha, 2003 (japonais)

 

« Mikkyō - la méditation Ajikan», CD audio, Philips, 2003 (japonais)

 

« Recueil de transmission par Taikō YAMASAKI, Vol. 1 (Dainichi-kyō), Shunjūsha, 2010 (japonais)

 

« Recueil de transmission par Taikō YAMASAKI, Vol. 2 (Kongōchō-kyō), Shunjūsha, 2010 (japonais)

 

« Recueil de transmission par Taikō YAMASAKI, Vol. 2 (Exposé Fondamental), Shunjūsha, 2010 (japonais)

 

« Message de l’Univers : ce que nous dit le Dainichi-kyō », Éditions Shunjūsha, 2012 (japonais)

 

« Pratique : la méditation Ajikan », CD Book, Éditions Shunjūsha, 2012 (japonais)

 

« La méditation Ajikan : découverte et pratique », Éditions du Dauphin, 2015 (français)

 

« La respiration Asokukan : se relier à l’au-delà et à la conscience universelle », Éditions du Dauphin, 2017 (français, en préparation)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ecoutons le message de l’univers

 

Sakyamuni, le Bouddha historique fut comme nous exposé aux tourments de l’existence. Il ne s’est pas éveillé en écoutant des sermons ou en lisant des textes sacrés. Il commença par renoncer aux connaissances (théoriques, religieuses) et aux pratiques qu’il avait accumulées. Faisant le vide, il s’assit sous l’arbre d’éveil et absorba dans la méditation.

 

Plongé dans un Sanmai (Samādhi) clair, il entendit de tout son être le message de l’univers, la prédication du bouddha cosmique Dainichi Nyorai et réalisa l’éveil, Satori. Il est dit que l’étoile du matin brilla alors de manière exceptionnelle.

 

Sakyamuni, l’homme éveillé, enseigna une réalité sans préjugé, directe, selon laquelle toute chose est transitoire. Rien n’échappe à la mutabilité. Il passa le reste de sa vie à voyager pour enseigner la loi (l’enseignement du Dharma).

 

En tant que vérité universelle, les paroles du Dharma devinrent ultérieurement au niveau scriptural des Sūtras. Ils furent analysés en détail, et furent progressivement suivis d’un grand nombre d’autres textes sacrés. Mais devant l’impossibilité de décrire l’état de Satori , on en arriva à recourir à des expressions négatives telles que Muga (sans soi), Mujishō (sans caractère propre), (vide).

 

Il n’existe donc pas d’expression satisfaisante pour qualifier Satori. Le Bouddha que décrit le grand Sūtra Dainichi-kyō n’est pas Sakyamuni, mais Dainichi Nyorai. Le Dainichi-kyō n’est donc pas un texte issu des sermons de Sakyamuni, mais bien un Sūtra qui exprime clairement Satori, tel que Sakyamuni le vécut.

 

A l’origine, l’univers en tant que tel est le Dainichi-kyō. Pour les besoins de la transmission aux hommes, on en est arrivé, au prix de plus de mille ans de labeur, à mettre ces textes sacrés en langue, en images. Mais l’interprétation du Dainichi-kyō elle, est impossible si l’on s’en tient au texte.

 

L’essor de la science et l’évolution de l’humanité

 

À la recherche du bonheur, fournissant des efforts constants, l’humanité se trouve en ce XXIe Siècle en possession de considérables moyens techniques. Les technologies investissent à grands sauts notre quotidien dans des domaines tels que les transports, l’information ou la médecine. Elles nous incitent à rêver à un avenir idyllique, paradisiaque. En moins d’un siècle, nous avons franchi un tournant important marqué par des questions telles que la destruction de l’environnement, l’instabilité économique qui participe à l’étiolement des relations humaines. La direction vers laquelle nous nous dirigeons s’est assombrie. Pourquoi donc ?

 

Bien sûr, les causes sont multiples, mais fondamentalement, on peut se demander si cela ne tient pas au fait que l’essor de la science et l’évolution de l’humanité ne se font pas de manière inappropriée. Les technologies ont donné le jour à toutes sortes d’objets et services pratiques. En tant que telle donc, la science n’est ni bonne ni mauvaise. Elle est, selon une perspective bouddhiste, Muki, indéterminée. C’est en dernier ressort l’humanité qui détermine le fruit de la science à être bon ou mauvais.

 

Pour que la science soit bonne, il est nécessaire que l’évolution de l’homme se fasse à une vitesse adaptée à celle des technologies. Si l’humanité parvient à évoluer en parallèle du progrès technologique, la science sera en elle-même le joyau qui exauce tous les vœux. Mais alors, comment l’humanité pourrait-elle évoluer à partir du XXIe Siècle ?

 

Il est vivement regrettable que les individus sincères qui respectent une morale universelle et se consacrant de tout leur être à leur entreprise, à leur pays, tendent à se faire rares. De telles personnalités sont idéales pour notre temps. Pourtant, le XXIe Siècle requiert désormais de l’homme qu’il soit en possession de facultés nouvelles. La prospérité d’une nation, d’une entreprise, n’implique-t-elle pas de simultanément travailler autrement que dans rivalité, la loi du plus fort et avec pour seule ambition la victoire ?

 

À la poursuite du confort, le désir insatiable va en détruisant l’environnement. Tout cela est accompli au nom de tel individu, tel pays, telle entreprise. Ce faisant, le lien reliant tous les êtres à l’unique et vaste énergie vitale est rompu. Ce n’est pas une fatalité si nous nous employons à conserver et purifier notre terre, ce corps vital unique et précieux.

Se placer dans une perspective cosmique

 

Les théories héliocentriques de Galilée et Copernic ont en leur temps suscité un énorme étonnement. La religion y réagit alors par l’exclusion. Malgré cela, le fait que la terre tourne autour du soleil est de nos jours une question de sens commun, une chose acquise. Mais n’est-ce pas précisément parce que c’est une question de bon sens qu’en ce XXIe Siècle, l’avenir nous paraît opaque ?

 

L’univers possède une infinie. Le cosmos, cet élément illimité n’est-il pas toujours potentiellement le centre, que ce soit par rapport à la terre, au soleil ou à d’autres constellations ? Si l’on s’aventure dans le cosmos, hors de la sphère de gravitation terrestre, les notions figées telles que les quatre points cardinaux, le haut et le bas, la pesanteur, la journée de vingt-quatre heures, etc. perdent leur signification. On peut alors bénéficier d’une perspective vaste et plurielle.

En conférence à Koyasan
Interviewé à Koyasan
En conférence à Koyasan